départ ADPAujourd'hui, impossible d'ignorer les restrictions de sécurité qui s'appliquent aux heureux voyageurs ayant choisi d'emprunter un avion. Les aéroports sont tatoués d'idéogrammes édifiants.

Que l'on a tout le temps d'ausculter de long en large dans la file d'attente qui mène aux portiques à rayons X. C'est d'ailleurs toujours drôle de se demander quelle nécessité peut bien pousser un individu à se balader avec des choses corrosives, gazeuses, explosives, toxiques, radioactives ou inflammables. Mais, l'ambiance est bon enfant. Nous partons fêter Noël sous le soleil. Les employés de l'aéroport aident les passagers à se délester de leur fériale. Les portiques ne sonnent presque pas. La file avance vite. C'est déjà mon tour.

Je cherche machinalement au fond de ma poche d'éventuelles pièces de monnaie. Mais, surprise. Ma main rencontre autre chose. Quelque chose d'imprévu. Quelque chose de métallique. Mon fidèle opinel. En un éclair, je comprends que je viens de faire une horrible boulette. Impossible d'embarquer mon couteau. Impossible de le ranger dans ma valise déjà cadenassée au fin fond de la soute. Mon fidèle compagnon, mon gri-gri, le partenaire de mille pique-niques et d'autant de randonnées mémorables vient de signer son arrêt de mort. Il est perdu corps et âme. Et, je vois d'ici les cerbères de l'aéroport me le confisquer pour le faire disparaître. Bref, c'est le drame. Et la preuve que je suis une incroyable tête en l'air.

Pourtant, l'employé en face de moi n'affiche pas la mine endeuillée de circonstance. Mais un grand sourire. Et m'explique que, quelques mètres derrière moi, avant le contrôle, là où j'avais passé dix bonnes minutes à poireauter le nez en l'air, sont à ma disposition des enveloppes timbrées qui me permettront de renvoyer mon couteau fétiche directement à la maison. En passant par la Poste. Simplement. J'en reste bouche-bée. Une si petite solution, évidente, astucieuse, naturelle. Jamais je n'aurais osé en rêver. Jamais je n'aurais osé la penser. Et, c'est avec une joie non-dissimulée que je renvoie mon précieux couteau chez moi. Les vacances ne sont pas gâchées.

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